Les hommages à Le Pen, le déshonneur de la droite
- contrediremedia
- 9 janv.
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Le "SS au petit pied" pour citer Simone Veil.
L'associé du collaborateur notoire Gaultier, le fondateur d'un parti avec des néonazis, pétainistes, antisémites, l'ami de François Brigneau, Pierre Bousquet, André Dufraisse, Malaguti, Gaucher, François Duprat, Victor Barthélémy.
L'homme des tortures en Algérie, l'homme du "point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale".
L'homme de "l'inégalité des races", l'homme qui n'a "jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître", qui comprend "tout à fait qu'on mette en cause la démocratie, qu'on la combatte", le défenseur d'un régime fasciste et totalitaire.
C'est cet homme dont tant font l'hommage.
"...quel combattant il était" selon le fidèle Premier ministre de Macron.
Les hommages à Le Pen traduisent une période sombre. Qui a rendu hommage aux amis de Le Pen, fondateurs de FN ? Bien peu de monde. Ces individus étaient les pestiférés de la République. In fine, Jean-Marie Le Pen aurait dû mourir dans l'indifférence, dans l'oubli, au regard de ce qu'il a été, de toutes ses condamnations.
Le courage politique a manqué au cœur de ce pays. En effet, par ses propos et actes abjects, Le Pen a fondé tant de fois l'interdiction du Front national, depuis rebaptisé Rassemblement national. Il fallait jouer avec le pire, au gré des calculs électoraux néfastes. Quelques-uns ont prévenu au cours des années 80/90, comme Jean-Luc Mélenchon et quelques résistants dont on a patiemment attendu la mort.
Il n'est plus possible d'inviter Daniel Cordier et Lucie Aubrac afin de témoigner du passé, de ce qu'est cette extrême droite qui rend hommage à Jean-Marie Le Pen. Désormais, le silence de la mémoire se fait étrangement ressentir. Finalement, l'infâme Jean-Marie Le Pen est comparable à n'importe quel adversaire de gauche, si cela sert son agenda politique personnel. Les héritiers d'Aubrac seraient les mêmes fascistes que les héritiers de Maurras.
Ainsi, c'est la consécration de la banalisation d'une figure du fascisme. Le Rassemblement national ne cache pas toute son admiration de ce dernier, la droite s'en retrouve presque obligée d'en tisser quelques éloges. Peu importe son parcours raciste et antisémite édifiant, le sens de la vérité ne semble plus être la priorité.
Une injonction se lève à base de Jean-Marie Le Pen a eu raison avant tous les autres. Il a copié tous les poncifs antisémites et racistes de Maurras, ce traître collabo pour la France et héros de l'extrême droite, donc bientôt entendra-t-on que Maurras avait raison avant les autres ? L'antisémitisme d'État de Maurras fut un projet largement partagé et apprécié par les fondateurs du FN/RN, et ceux qui seront ces élus, dirigeants.
Que l'extrême droite commémore un fasciste ne revêt pas une grande surprise, que la droite le légitime... La droite s'est sauvée en se greffant à De Gaulle après la Deuxième Guerre mondiale, alors que la droite de Xavier Vallat a massivement collaboré (commissaire aux questions juives, figure de la Fédération républicaine, principal groupe de droite). N'en déplaise à certains, les figures du Front populaire telles que Lebas, Blum, Pivert et Péri ont été des résistants, les Déat, Laval, Marquet et autres déchets n'ont jamais soutenu le Front populaire et ont préféré Franco à la résistance républicaine. Ce sont des déchets qui ont été récoltés par le monarchiste Alibert, ministre de la Justice de Pétain et proche de l'Action française.
La presse internationale paraît bien la seule à rappeler avec le moins de complaisance le portrait de ce fasciste, excepté quelques titres de presse, dont l'un se fait l'héritier de Jaurès et l'autre de Sartre. Même l'AFP ne sais plus ce qu'elle dit.
La gauche tient la barre, certes une infime minorité tente piteusement de se différencier, c'est toujours le cas malheureusement.
Or, comme au temps d'Hindenburg, de Xavier Vallat, de Pierre-Étienne Flandin, de Miguel de Unamuno, de Pilar Primo de Rivera, de tant d'autres, la droite se perd, se déshonore dans des hommages insignifiants.
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