Hollande, le créateur de Macron
- contrediremedia
- 22 janv.
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Dernière mise à jour : 23 janv.
Hollande est un homme de droite, une machine à tromper.
Son mandat a été marqué par une régression sociale historique.
Il a créé Macron, son proche conseiller puis ministre.
Hollande s'exprimant sur le NFP : "Les programmes n’engagent que ceux qui y croient".
● 1997.
Hollande devient 1ᵉʳ secrétaire PS. Il doit cette accession à sa pratique de la machine à tromper. Il est soutenu par Rocard, l'homme du tournant de la rigueur de 83. Rocard a bien promis une refondation socialiste à l'aile gauche en 1993. Or, il ne l'a jamais tenu.
● 1997-2005.
La période Jospin est un bilan tiraillé entre des ministres de gauche défendant le droit du travail, l'éducation publique (JLM) et de droite qui privatisent. Puis Hollande voit l'occasion de tirer le PS à droite, sans franchir les limites d'alors de Martine Aubry.
● 2005-2008
Face à Hollande, il y a une aile gauche. Même d'ex mitterandistes ne goûtent pas à cette néolibéralisation du parti. La Gauche socialiste à Un monde d’avance (JLM en étant une figure). Hollande débauche aussi les opportunistes, les devenus carriéristes (Dray).
● 2008.
Hollande joue aux arcanes de ses Congrès, magouilles, où les intérêts des notables du parti s'imposent. La victoire d'Aubry n'occulte pas la mainmise progressive d'Hollande, d'une montée réac inquiétante (percée de la motion Collomb/Valls, allié bientôt à Hollande).
● 2008-2012.
Hollande se prépare aux présidentielles. Exclus du PS en 2007 pour leur "racisme", les frêchiens (Delga, actuelle héritière de Frêche) sont repris dans l'équipe d'Hollande (ex-1er secrétaire Fédé Navarro..). Macron devient son grand conseiller à partir de 2010.
Depuis sa participation à la Commission libération de la croissance sous Sarkozy, Macron prône la baisse des cotisations sociales, des fonds de pension comme aux USA, la réduction de la fiscalité pour les riches/finance, déréglementation des pharmacies.. Hollande le choisit bien.
● 2012.
1ᵉʳ trahison de campagne, Hollande soutient le Traité de stabilité européen.
C'est l'accord rédigé par Sarkozy et Merkel, fixant de grandes règles européennes d'austérité, accord qu'Hollande dénonçait. Malgré une aile gauche en ruine, 29 députés PS s'y opposent.
● 2013. CICE et Pacte de responsabilité.
Cela constitue un cadeau de 140 milliards d'euros aux grandes entreprises sans la moindre contrepartie. Hollande confie notamment le pilotage de cette réforme à Emmanuel Macron au cœur de son cabinet. Ce présent est fait en même temps que le reniement de la promesse d’amnistie des syndicalistes réprimés sous Sarkozy. Il sera transformé en allègement fiscal sous Macron.
● 2013: Affaire "Leonarda".
Cette affaire met en exergue les prémices d'un discours xénophobe qui va percer lors du quinquennat Hollande.
L'expulsion vers le Kosovo d'une collégienne rom et de sa famille créé des vifs débats. Hollande fait une étrange proposition heurtant la jeune Leonarda, qui refuse son offre de "poursuivre sa scolarité" en France sans sa famille. Valls déclare l'année d'après : "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie", un exemple parmi d'autres.
● 2014. Loi Cazeneuve créant l'apologie au terrorisme.
Le régime protecteur des libertés de la loi de 1881 peut prévoir le délit d'apologie de tous les crimes. Cela permet une procédure particulière respectueuse des libertés. La loi de 2014 renie ce régime sur l'apologie du terrorisme.
La présidente du groupe PCF au Sénat Assassi exprime à son sujet : "l’apologie du terrorisme ne crée-t-elle pas un risque d’atteinte à la liberté d’expression ? Pourra-t-on considérer tous les écrits revendicatifs de contestation sociale radicale – vous voyez où je veux en venir – comme des apologies du terrorisme ?". Des propos très visionnaires.
EELV met alors le PS face à ses hypocrisies: "vous partagiez cette opinion voilà quatre ans à peine, comme en témoignent les débats sur la loi du 14 mars 2011 d'orientation et pour la performance de la sécurité, contre laquelle vous aviez voté contre, avec l'ensemble du PS".
● 2014. Mort de Fraisse.
Ce n'est pas à proprement parler une réforme sous Hollande. Cela représente un moment charnier du quinquennat Hollande. Fraisse était un militant écologiste. La responsabilité de la police sera largement dénoncée. En effet, le Ministre de l'intérieur Cazeneuve a ouvert la voie à un exercice violente du maintien de l'ordre, influençant ensuite Cazeneuve et Retailleau. Ce fidèle d'Hollande.
La sœur de Fraisse exprimera si bien l'hypocrisie du discours et des actes à une lettre au gouvernement d'Hollande : "Oui, l'impunité policière tue les Noirs, jeunes et moins jeunes, sur le territoire américain. Mais elle tue aussi les Noirs, les Arabes, les Roms, les jeunes de quartier, et récemment un simple manifestant écologiste, sur le territoire français. Or, rien ne justifie ces morts. Rien ne justifie le silence et l'inaction politique face à ces morts".
Charb écrit alors : "L'interminable débat autour du bon usage d'un engin de mort est à vomir... Il n'y a pas de bons usages d'instruments de torture ou d'armes de guerre contre le peuple".
● 2013. Réforme Touraine.
Hollande augmente la durée de cotisation, plus de retraite à 60 ans. Une future macroniste porte cette trahison historique, jusqu'à l'héritage de Mitterrand. Elle était la meneuse de l'opposition du PS à la réforme des retraites de Sarkozy en 2010...
● 2013. Égalité du mariage.
Le combat de Dominique Bertinotti triomphe au PS. Elle et Taubira rédigent le texte, malgré son cancer. Hollande veut une liberté de conscience des maires (refus du mariage), indignation au PS, il se rétracte. Il renie la PMA : "trahison" pour Bertinotti.
Bertinotti veut respecter la promesse, la PMA pour toutes. Hollande recadre : "Tu as 4 semaines pour finir ta loi". Elle dit : "Je l’ai finie et me suis fait virer le lendemain... ils ne voulaient plus entendre parler de question dite de société. Ça m’a coûté mon poste". Écœuré par Hollande, Bertinotti quitte le PS en 2016.
Le député PS rapporteur de la loi Famille à l’AN Binet est incisif : "Hollande ne voulait pas de la PMA... Il faisait pression sur Taubira". Hollande n'est pas JLM sur cette lutte, les droits LGBTQ+ l'ont jamais captivé.
● 2014. Nomination de Macron ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique.
Hollande accorde son précieux conseiller un des ministères les plus stratégiques de son gouvernement.
● 2014. Affaire des "sans-dents".
Il est révélé la rhétorique empreinte de mépris social déployé par Hollande derrière les plateaux télévisés.
Il va nier, mais une vaste enquête journalistique publiée en 2016 confirme ses propos : "Je vois les gens qui viennent vers moi dans les manifestations, ce sont des pauvres, ils sont sans dents", voire pire encore.
● 2014. Loi pour « l’activité, la croissance et l’égalité des chances économiques ».
Hollande laisse Macron libéraliser comme il le souhaite l'économie dans un texte fourre-tout, comme avec l’extension du travail le dimanche, la déréglementation du travail de nuit ou la libéralisation du transport en autocar. Cette réforme conduit à un triple recours au 49.3.
● 2014. Maintien du Crédit d'impôt recherche de Sarkozy.
Avant son élection, Hollande disait : "Le Crédit Impôt Recherche (CIR) a triplé depuis 2007, les dépenses de recherches des entreprises ont stagné, et trop d’effets d’aubaine ont joué pour les grandes entreprises. Le rapport Carrez, député UMP, a montré que bénéficiant pour 80% désormais aux grands groupes. Le caractère incitatif du CIR a diminué. Nous réformerons le CIR en le recentrant sur les entreprises qui en font le meilleur usage". Hollande a amplifié cette mesure sarkozyste, qui favorise l'optimisation fiscale, les fraudes et fes niches fiscales, au profit des grands groupes.
De connivence avec la droite, Hollande a fait enterrer le rapport de la sénatrice PCF Brigitte Gonthier-Maurin sur l'usage fait des 6 milliards par an du crédit impôt recherche. L'élu commente : "Je constate qu’on ne peut pas enquêter en France sur l’utilisation de l’argent public dès lors que cela met en cause des intérêts extraordinaires... Dans ce pays, il y a quand même des entreprises du CAC 40 qui n’acquittent pas un centime d’euro d’impôt sur les sociétés mais qui touchent du CIR. Voire qui, grâce au CIR, ne paient pas d’impôts".
● 2015. Loi Rebsamen.
Futur macroniste dès 2017, le ministre Rebsamen porte cette loi, même si Macron y joue un rôle considérable.
Cette loi augmente les seuils obligatoires dans les instances de représentation du personnel, passant de 200 à 300 salariés pour la délégation unique du personnel (DUP). Cela s'apparente à l'avant CSE de Macron, avec la possibilité pour toutes les entreprises à partir de 300 salariés de regrouper par accord tout ou partie de leurs instances représentatives du personnel.
Cela remet en cause le CHSCT, qui peut être inclu dans cette fusion d'instance, un CHSCT bientôt supprimé par Macron.
Il y a la possibilité de renouveler deux fois (au lieu d’une seule) un CDD, changement significatif dans le monde du travail.
Les frondeurs négocient des petites avancées sociales, ce n'est pas encore du niveau de la loi El Khomri. Or, ce texte prend la direction d'un affaiblissement qui ne s'est jamais arrêté depuis des instances de personnel.
● 2015. Loi Renseignement.
Hollande fait voter sa loi liberticide, reprenant des projets qu'il critiquait sous Sarkozy. Le CNIL, juge Trévidic, LDH, Amnesty, Syndicat de la magistrature, Bâtonnier.. dénoncent. Le New York Times écrit le 1er avril "French Surveillance State".
Cela augmente le pouvoir d'action des services de renseignements, et cela sans garantie des libertés ni contrôle. Ce dispositif est "placé entre les mains de l’exécutif évitant le contrôle par le juge judiciaire de mesures pourtant gravement attentatoires aux libertés individuelles qu’il est constitutionnellement chargé de protéger", afin de citer le Syndicat de la magistrature.
● 2016. Légion d'honneur au Prince d'Arabie Saoudite.
Ce n'est pas tant cet légion d'honneur qui est intéressante. Cela paraît plutôt les forts liens entretenus entre la dictature de l'Arabie Saoudite et Hollande, particulièrement à travers des ventes d'armes, utilisés contre des civils au Yémen.
Sous ce quinquennat, la France vend sans problème des armes à des dictatures, au détriment des civils, et même jusqu'à du matériel à Poutine. Cela remet en perspective les reproches faits par l'ancien Président sur les liens présumés de ses adversaires auprès de régimes autoritaires.
● 2016. Loi travail El Khomri-Macron, rupture d'Hollande.
C'est l'inversion de la hiérarchie des normes, la destruction du principe de faveur. Cela octroie largesse au patronat pour négocier le moins avantageux. C'est une trahison des lois Auroux de 83. 28 députés PS pour une censure.
Il y a une tentative de plafonnement des indemnités prud'hommales, pourtant contraire à la Charte sociale européenne (c'est confirmée par une décision de septembre 2022). Cela permet au patron de licencier abusivement en échange d'une modique somme. Face aux révoltes sociales, le gouvernement cède de le rendre indicatif. C'est Macron qui ira finalement au bout ce projet, continuant ainsi le sens de la politique qu'il avait commencé sous Hollande.
En outre, un 49-3 coupe court aux débats au Parlement.
● 2016. Déchéance de nationalité d'Hollande.
165 députés PS la votent, comme la frechienne Delga, Mennucci, Le Vern, Rabault, Cambadélis, les actuelles députées PS Dombre-Coste, Karamanli. 83 PS votent contre. D'autres s'abstiennent sans un vrai refus (Faure, Untermaier...).
C'est une année "extrêmement préoccupante" pour les droits de l'homme en France, selon Amnesty International. Ainsi, Hollande n'empêche même pas Manuel Valls de placer la Cour de cassation sous le contrôle du gouvernement juste avant son départ de Matignon (07/12/2016). Cette atteinte suscite une levée de boucliers de toute la magistrature, repoussant finalement l'initiative.
La déchéance de nationalité est le tout d'un texte constitutionnel rejetté, qui aspirait à faire inscrire des dispositions liberticides dans la Constitution.
● 2017. Loi "Permis de tuer".
Hollande encourage toujours plus l'obsession sécuritaire de son ancien ministre de l'intérieur devenu Première ministre Cazeneuve.
Cette loi va notamment alléger le recours aux armes à feux pour la police. Cela s'inscrit dans un contexte de plus en plus fort de dénonciation du racisme dans la police et plus largement des violences policières, et cela sous les silences du gouvernement Hollande.
● 2017. Reniement de la Palestine.
Hollande se félicite dans un discours d'être le "seul pays à avoir une législation interdisant l’appel au boycott", visant le boycott des produits israéliens dans le cadre de la lutte pour la Palestine. La Cour européenne des droits de l'H. va largement lui donner tort quelques années après.
Cela fait suite au refus de sa promesse de reconnaître la Palestine comme un État, ainsi qu'aux répressions du soutien à la Palestine depuis les manifestations de l'été de 2014, personnellement souhaitées par Hollande.
● Bilan fiscal d'Hollande.
Des centaines de mesures fiscales se sont succédées lors du quinquennat Hollande, dressant un bilan contradictoire qui va dans tous les sens.
Durant les élections, Hollande avait inventé à la va-vite une taxation de 75% des revenus supérieurs à 1 millions d'euros, afin de combler son vide en la matière. Il savait la probable censure à venir du Conseil constitutionnel, et cela n'a loupé en l'occurrence. Il fallait bien légitimer sa prétention d'ennemi de la finance.
La révolution fiscale n'a pas eu lieu. Pire encore, Hollande a fait pire que le bouclier fiscal de Sarkozy avec des effets considérables.
En 2016, un rapport de la Direction générale des finances publiques, révélé par le Canard enchaîné, démontre que cela a bénéficié aux grandes fortunes.
Comme Liliane Bettencourt, l’héritière de l’empire L’Oréal (deuxième fortune française d'alors), qui ne va pas contribuer à hauteur de 61 millions d’euros d’ISF en 2015, car elle a la réduction complète de son ISF. Même cas pour Léone Meyer (Galeries Lafayette-BHV), Hélène Leclerc, veuve d’Édouard Leclerc, et Ginette Dalloz. Tandis que Bernard Arnault (première fortune française) bénéficie d’une réduction d’ISF de 5,8 millions d’euros, ou bien Jean-Claude Decaux avec 4,3 millions d’euros de réduction d'ISF ; Hélène Darty 2,2 millions d’euros ; Brigitte Mulliez (Auchan) 1,6 million d’euros...
Dès lors, les 220 millions d'euros que les 50 grandes fortunes auraient dû payer, disparaissent en raison des politiques fiscales d'Hollande. C'est une minoration de près de 90 %, soit 21 millions d’euros payés.
Des députés PS frondeurs tentent d'amener à cette révolution, comme Pascal Cherki. Toutefois, le ministre Sapin recadre les mesures poussées contre l'évasion fiscale ou la taxation des dividendes. Pourtant, les plus riches ont la stratégie d'évitement de l'impôt de placer leur argent sur des placements ad hoc (assurance-vie, dividendes…) ou d'autres moyens d'exonérations (œuvres d’art, investissement DOM-TOM), et c'est toute l'illustration du rapport de 2016.
● 2017-aujourd'hui.
Il défend sans relâche les réformes de son quinquennat.
Il est un anti-NUPES en 2022. Il soutient la motion Refondation de Mayer-Rossignol, Hidalgo, Delga au Congrès du PS.
En 2024, il magouille sa place pour les législatives, son ami Combes se retire au dernier moment à son profit.
C'est Hollande qui en parle le mieux à son ami Dray : "Les programmes n’engagent que ceux qui y croient".
Depuis, c'est un défenseur d'un accord PS/Macron.
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